Hédo

fiche résumé de livres,impressions

26 août 2015

hédo livres 2015

P1370628

Vérités et mensonges de nos émotions

Après avoir longtemps inspiré la méfiance, les émotions apparaissent aujourd’hui comme un ultime refuge et un gage d’authenticité : il faut « faire ce qu’on ressent » et « ressentir ce qu’on fait ». Soit…, mais si nos émotions nous trompaient ? Il y en a que nous nous cachons à nous-mêmes, d’autres que nous nous interdisons d’éprouver parce que nous en avons un jour reçu l’ordre, et d’autres encore que nous croyons les nôtres, mais qui ont été introduites en nous comme un corps étranger. Ainsi, lorsque nous sommes anxieux, tristes ou effrayés par la vie, ce n’est pas forcément « nous »...

En connaissant mieux l’histoire de notre famille, en interrogeant nos proches et en nous posant les bonnes questions, nous pouvons nous défaire des émotions qui ne nous appartiennent pas et accueillir celles qui correspondent à notre propre façon d’être au monde.

Serge tisseron

La ville

Max Weber

Le Politique est donc l'ensemble des conduites humaines qui comportent domination de l'homme par l'homme.

Les types de domination sont au nombre de trois : la domination charismatique, la domination traditionnelle, la domination rationnelle.
La domination est charismatique lorsque, fondée sur le caractère exceptionnel d'un homme, elle suscite le dévouement absolu des dominés. Populaire ce type de domination est dit populiste dans une démocratie moderne lorsqu'il est le fait d'un démagogue.
La domination est traditionnelle lorsqu'elle est fondée sur le caractère sacré des traditions, qui légitime l'action de ceux qui dominent sur leurs parents, leurs fidèles, leurs clients, leurs favoris, leurs vassaux, leurs sujets... C'est, par exemple, le pouvoir patriarcal et le pouvoir féodal.
La domination est rationnelle lorsqu'elle est fondée sur la croyance en la Légalité des actes des dominants, dominants qui sont eux-mêmes, théoriquement, soumis au droit. La domination est alors liée à la fonction et non pas à la personne qui exerce la fonction.

La domination, quelle que soit son type, s'exerce sur un territoire au sein d'une unité sociale qui devient alors politique. L'unité politique, en s'institutionnalisant, prend une certaine forme juridique, qui aujourd'hui est toujours celle de l'Etat.

Pour Weber l'Etat se définit par sa spécificité, et par des caractères seconds.
Spécifiquement, l'Etat, selon Weber, est "le groupement politique qui revendique avec succès le monopole de la contrainte physique légitime".
Les caractères seconds sont : - la rationalisation du droit ; - le développement de la police ; - la rationalisation de l'administration.

Le monopole de la contrainte est accepté par les dominés parce qu'il s'impose à eux, psychiquement et physiquement.
Et l'autorité des dominants est renforcée par l'existence d'un esprit national.

Selon Weber la Nation doit être définie comme étant l'expression de la puissance politique renforcée par la dramatisation du prestige. C'est pourquoi le nationalisme, nous dit-il, est un phénomène qui n'est pas prêt de disparaître.
C'est le nationalisme qui permet la sublimation la plus haute des passions politiques, qui sont aussi des passions partisanes.

Si, nous dit Weber, la puissance est l'élément fondamental de l'Etat, elle est aussi à la base des partis politiques qui luttent pour prendre et conserver le Pouvoir.

Max Weber définit les partis politiques comme étant "des groupements libres d'individus ayant pour objet de procurer la puissance politique à leurs dirigeants et aux militants des avantages matériels, en même temps que la réalisation de leurs objectifs politiques et idéaux".

L'Etat est donc le système social qui revendique avec succès le monopole de la contrainte, encore faut-il que celle-ci soit considérée comme étant légitime, et si sa légitimité est celle du droit nous sommes alors en présence d'un Etat de droit.

Nous sommes dans un Etat de droit lorsque le monopole de la contrainte est accepté comme étant légitime parce que légal. Le Pouvoir est alors considéré comme appartenant à la Loi, expression de la Souveraineté du Peuple, des citoyens. Le Pouvoir est exercé par les représentants du Peuple souverain dans des limites qui sont fixées par une Constitution.

L'Etat de droit suppose le développement d'un pouvoir spécialisé, celui des juristes d'Etat qui mettent en oeuvre le formalisme légal, surveillent son application, sanctionnent son non-respect, et plus globalement suppose le développement de l'administration : donc le développement du pouvoir bureaucratique, pouvoir bureaucratique qui n'est pas incompatible avec l'Etat capitaliste.

Max Weber (Auteur), Philippe Fritsch (Traduction), Julien Freund préface

Arnhem, cité de rentiers ; Wiesbaden, cité de retraités ; Düsseldorf, cité de banquiers,... Max Weber définit toute une gamme de villes idéales-types, selon qu'on les considère sous l'angle juridique, économique, politique. Et il le fait avec d'autant plus d'aisance que son étonnante érudition lui permet d'étudier les villes babyloniennes, juives, hindoues, islamiques, chinoises ou russes au même titre que celles de l'Antiquité grecque ou romaine et celles du Moyen Age. En retraçant l'histoire des conjurations et des corporations, Weber souligne l'originalité de la civilisation européenne : la seule à avoir produit la commune dans son plein développement. Du même coup, il examine le rôle moteur du christianisme, la lente montée de la bourgeoisie, la nature essentiellement politique des luttes opposant le peuple aux patriciens et à la noblesse. Le passage du capitalisme foncier de l'Antiquité au capitalisme marchand du Moyen Age n'est qu'une longue série d'étapes dans la constitution du droit et la rationalisation croissante des institutions. La ville, dit Weber, se développe selon la logique propre à chaque civilisation, mais il existe en même temps une loi interne au politique, qui limite le nombre de compromis possibles pour faire cohabiter dans une même cité des couches sociales différentes. Publié pour la première fois en 1921, inédit en France, La Ville constitue un des textes majeurs sur l'histoire des institutions et du phénomène urbain.

 

Aout 2015

Sociologie de l'argent

Damien De Blic Jeanne Lazarus

L'argent est présent dans toutes les sphères de la vie moderne. Il est nécessaire pour vivre, mais quelle vie propose-t-il ? La monétarisation de la vie quotidienne est-elle source d'aliénation ou de libération ? Pourquoi l'argent fait-il l'objet de condamnations morales récurrentes ? Que nous apprend-il sur les valeurs d'une société ? Les comportements face à l'argent diffèrent-ils selon les groupes sociaux ? Comment circule-t-il au sein de la famille ? Le crédit est-il désormais socialement accepté en France ? Cet ouvrage propose une approche sociologique de l'argent : il rend compte aussi bien de la centralité des échanges monétaires dans les formes modernes du lien social que de l'extrême diversité de ses pratiques. L'argent y apparaît comme une formidable clé pour circuler dans les coulisses les moins visitées du monde social.

Septembre

Les intellectuels en France au XXème siècle

 

Document: les intellectuels en france au xxème siècle, exposé de 20 pages

Extrait: Le terme « intellectuel » dans le sens où nous l'avons aujourd'hui : engagement, apparait à la fin du 19ème s. C'est avec l'affaire Dreyfus que la terminologie se met en place. Il semble qu'il soit inventé en france. Il y a des équivalents : intelligentzia en Russie désigne tous les qualifiés, diplômés. Le mot se répand entre 1900 et 1920 dans le reste du monde occidental. Il y a deux composantes :

Plan:
I/ L'Affaire Dreyfus : une étape déterminante
II/ les grands enjeux d'une guerre à l'autre : 1919-44
III/ De la guerre froide à 1990 : Un nouveau monde

[...] Des gens comme Sartre. Le PC n’a pas le monopole du marxisme. Alexandre Kojève : russe, penseur philosophe de formation. Il s’exile d’URSS dans les 20’s. Il est d’abord passé en Allemagne et a été l’élève d’Husserl puis travaille avec Heidegger. En 33 il passe en France, il y a un rôle important : il aura un séminaire de 33 à 39 fréquenté par Rémond Aron, JP Sartre C’est lui qui introduit Hegel en France et qui donne de Hegel une vision rigidifiée, présentation brillante et séduisante. [...]

 

[...] Les écrivains commencent à devenir moins importants. L’ancrage universitaire devient plus important. Par ailleurs la littérature semble peu à peu remplacée par des travaux universitaires en psycho (Barthes : travail sur le langage). Les médias et revues connaissent une heure de gloire : - Express fondé en 53 (50 000) édite à en 63 - France Observateur en 50 devient Le nouvel observateur en 64 et imprime à 300 000exemplaires On voit de plus en plus se définir les cadres, se distingue du terme intellectuel. [...]

 

 

Porte yvon Lambert

Imprégnées de références autobiographiques, politiques et artistiques, les œuvres de Jitish Kallat composent, dans une grande variété de moyens, une chronique du cycle de la vie dans une Inde en mutation rapide. Connectant sociologie, biologie et archéologie, l'artiste porte un regard ironique et poétique sur les rapports entre nature et culture.

Jitish Kallat
The Hour of the Day of the Month of the Season

Déjà connu pour sa «moto-squelette» (Ignitaurus) ou son installation photographique de 22 000 lunes de pain rond indien (Epilogue), Jitish Kallat propose un parcours complexe à travers son univers mêlant peinture, sculpture, écriture, photographie et vidéo.

Imprégnées de références autobiographiques, politiques et artistiques, les œuvres de Jitish Kallat composent, dans une grande variété de moyens, une chronique du cycle de la vie dans une Inde en mutation rapide. Connectant sociologie, biologie et archéologie, l'artiste porte un regard à la fois ironique et poétique sur les rapports transformés de la nature et de la culture, l'étrangeté au cœur du quotidien, la persistance du spirituel au cœur de la dégradation matérielle.

Jitish Kallat se concentre ici sur une série d'expériences quotidiennes telles que le sommeil, le rire, le repas ou les rituels du voyage. En jouant de l'altération des formes et des dimensions, il fait basculer les visions familières vers des énigmes visuelles décalées, des associations métaphoriques teintées d'une joyeuse ambiguïté.

Jitish Kallat juxtapose délibérément différents stimuli visuels pour forcer le dialogue entre figuration et abstraction, entre histoire et mythe, passé et présent, identifiable et absurde.

Dans l'exposition «The Hour of the Day of the Month of the Season», les assiettes abandonnées sur la table d'un dîner deviennent une constellation planétaire, un matelas se métamorphose en pont autoroutier, et les cycles lunaires font évoluer six roti (pains indiens) surgis de nulle part vers l'anéantissement. Une installation de modèles réduits de sculptures prend la forme d'un théâtre allégorique miniature, où les postures prises par les personnages, des voyageurs fouillés au check-point d'un aéroport, s'apparentent à une danse cérémonielle. Dans les nouvelles peintures de l'artiste, un trajet quotidien devient le terreau propice à faire naître une vaste palette d'autres images.

Dans Covering Letter, exposée à l'Impasse Beaubourg, un extrait de correspondance historique est projeté à travers un rideau de brouillard: il s'agit d'une courte lettre de Gandhi adressée à Hitler en 1939. Jitish Kallat décrit ce texte comme un haiku; la supplication d'un grand avocat de la paix à l'un des êtres les plus violents ayant existé, mais aussi une incitation à l'introspection. 

 

Marc Roche  Capital hors la loi

Pourquoi Nicolas Sarkozy et Angela Merkel considèrent-ils le « capitalisme de l'ombre » comme la plus grave menace à laquelle nous sommes confrontés ?
Comment BP s'est-il organisé pour se protéger des catastrophes pétrolières ? Comment le lobby des grandes banques arrive-t-il à ses fins ? Les agences de notation vont-elles tuer l'euro en mettant de l'huile sur le feu ?
Un capitalisme opaque et spéculatif s'oppose désormais au capitalisme réglementé. Ce système retient en otage Etats et consommateurs, sans parler des salariés et des petits actionnaires.
Mais ce capitalisme-là s'est émancipé : entre contournement massif des règles par le « hors-bilan » et paradis fiscaux, les interdits ont explosé. Est-on impuissant face à ce pouvoir occulte que la classe politique n'ose pas affronter?
Une extraordinaire enquête, de Paris à Hong-Kong, de Genève à Washington, aux conclusions inquiétantes. Car si le système reste globalement assez efficace, il multiplie néanmoins les risques. Pour tout le monde.

 

Novembre 201

L’utilité de l'inutile, Les Belles Lettres (2012).Nuccio Ordine est considéré, actuellement, comme l’un des meilleurs connaisseurs du philosophe Giordano Bruno et de l’époque de la Renaissance. Professeur de Littérature italienne à l’Université de Calabre, fellow du Harvard University Center for Italian Renaissance Studies et de l’Alexander von Humboldt Stiftung, il a été invité comme Visiting Professor dans divers instituts de recherche et universités aux États-Unis (Yale, New York University) et en Europe ( EHESS Paris, École normale supérieure Paris, Paris-IV Sorbonne, Paris-III Sorbonne-Nouvelle, Centre d'études supérieures de la Renaissance Tours, Institut universitaire de France, Paris-VIII, Warburg Institute Londres, Université d’Eichstätt).
Ses livres ont été traduits en plusieurs langues dont le chinois, le japonais et le russe.
En collaboration avec Yves Hersant, il dirige en France trois collections d’œuvres classiques aux Belles Lettres (« Les Œuvres complètes de Giordano Bruno », « Bibliothèque italienne » et « Le corps éloquent »). Il codirige aussi, avec Alain Segonds, la collection « Theatrum sapientiae » (Les Belles Lettres–Nino Aragno Editore). En Italie, il dirige les collections « Sileni » et « Umbrae idearum » (Liguori), « Classici del pensiero europeo » (Nino Aragno Editore), « Classici della letteratura europea » (Bompiani).

 

L’utilité de l'inutile, Les Belles Lettres (2012).

Manifeste en faveur de la créativité opposée au culte de l’utilité des démocraties marchandes

Il n’est pas vrai – pas même en temps de crise – que seul ce qui est source de profit soit utile. Il existe dans les démocraties marchandes des savoirs réputés « inutiles » qui se révèlent en réalité d’une extraordinaire utilité. Dans cet ardent pamphlet, Nuccio Ordine attire notre attention sur l’utilité de l’inutile et sur l’inutilité de l’utile. À travers les réflexions de grands philosophes (Platon, Aristote, Tchouang-tseu, Pic de la Mirandole, Montaigne, Bruno, Kant, Tocqueville, Newman, Heidegger) et de grands écrivains (Ovide, Dante, Pétrarque, Boccace, L’Arioste, Cervantès, Lessing, Dickens, Okatura Kakuzô, García Márquez, Ionesco, Calvino), Nuccio Ordine montre comment l’obsession de posséder et le culte de l’utilité finissent par dessécher l’esprit, en mettant en péril les écoles et les universités, l’art et la créativité, ainsi que certaines valeurs fondamentales telle que la dignitas hominis, l’amour et la vérité. Dans son remarquable essai traduit pour la première fois en français, Abraham Flexner souligne que les sciences, elles aussi, nous enseignent l’utilité de l’inutile. Ainsi, s’il élimine la gratuité et l’inutile, s’il supprime les luxes jugés superflus, l’homo sapiens aura bien du mal à rendre l’humanité plus humaine7. Ce Manifeste a été salué dès sa parution par le quotidien Le Monde

 

 

Voyage au bout de la nuit

Le roman est surtout connu pour son style, imité de la langue parlée et teinté d'argot, qui a largement influencé la littérature française contemporaine. Il s'inspire principalement de l'expérience personnelle de Céline à travers son personnage principal Ferdinand Bardamu : Louis-Ferdinand Céline a participé à la Première Guerre mondiale en 1914 et celle-ci lui a révélé l'absurdité du monde. Il ira même jusqu'à qualifier la guerre d' « abattoir international en folie »2. Il expose ainsi ce qui est pour lui la seule façon raisonnable de résister à une telle folie  : la lâcheté. Il est hostile à toute forme d'héroïsme, celui-là même qui va de pair avec la guerre. Pour lui, la guerre ne fait que présenter le monde sous la forme d'un gant qu'on aurait retourné et dont on ne verrait que l'intérieur, ce qui révèle la trame du livre  : la mise en évidence de la pourriture.

Voyage au bout de la nuit est un récit à la première personne dans lequel le personnage principal, Bardamu, raconte son expérience de la Première Guerre mondiale, du colonialisme en Afrique, des États-Unis de l'entre-deux guerres, et de la condition sociale en général.

Bardamu a vu la Grande Guerre et l'ineptie meurtrière de ses supérieurs dans les tranchées. C'est la fin de son innocence. C'est aussi le point de départ de sa descente sans retour. Ce long récit est une dénonciation des horreurs de la guerre, dont le pessimisme imprègne tout le récit. Il part ensuite pour l'Afrique, où le colonialisme est le purgatoire des Européens sans destinée. Pour lui c'est même l'Enfer, et il s'enfuit vers l'Amérique de Ford, du dieu Dollar et des bordels. Bardamu n'aime pas les États-Unis, mais c'est peut-être le seul lieu où il ait rencontré un être (Molly) qu'il aima jusqu'au bout de son voyage sans fond. Mais la vocation de Bardamu n'est pas de travailler avec les machines des usines de Détroit ; c'est de côtoyer la misère humaine, quotidienne et éternelle. Il retourne donc en France pour terminer ses études en médecine et devenir médecin des pauvres. Il exerce alors dans la banlieue parisienne, où il rencontre la même détresse qu'en Afrique ou dans les tranchées de la Première Guerre mondiale.

Personnages principaux

  • Ferdinand Bardamu, le narrateur ;
  • Léon Robinson ;
  • Alcide, son collègue en Afrique ;
  • Lola, américaine rencontrée à Paris et retrouvée à Manhattan ;
  • Musyne, violoniste rencontrée à Paris ;
  • Molly, américaine rencontrée à Détroit ;
  • Bébert, petit garçon rencontré dans la banlieue parisienne ;
  • La tante de Bébert ;
  • La famille Henrouille (la bru, son mari et sa belle-mère) ;
  • Parapine, médecin ;
  • Baryton, psychiatre ;
  • Madelon, amante de Robinson (et, à l'occasion, de Bardamu) ;
  • Sophie, infirmière slovaque, amante de Bardamu ;
  • l'abbé Protiste.

Thèmes abordés

Le roman aborde plusieurs thèmes :

  • l'errance : au cœur de ce roman initiatique. Il s'agit d'une errance à la fois physique et psychique. Par bien des aspects, le roman se rattache à la veine picaresque : un pauvre bougre est entraîné, malgré lui, dans des aventures qui le font mûrir en lui ôtant toute illusion (« on est puceau de tout, même de l'horreur »). La passivité du personnage est flagrante : il subit les événements sans vraiment y contribuer. Dès l'ouverture, le ton est donné : « Moi, j'avais jamais rien dit. Rien. C'est Arthur Ganate qui m'a fait parler ». Engagé volontaire pour braver son ami, le héros va faire l'expérience de la guerre, de l'horreur et surtout du grotesque de l'existence. « Je ne me réjouis que dans le grotesque aux confins de la mort » (lettre à G. Gallimard.) Le nom même du personnage exprime cette idée : Bardamu, littéralement mû par son barda, c'est-à-dire en errance perpétuelle et involontaire ;
  • la ville : omniprésente dans le roman. Que ce soit Paris, New-York, Detroit, « Rancy » ou Toulouse, la ville est l'élément central du décor. On peut rattacher le roman à ceux, contemporains, de Dos Passos (Manhattan Transfer) ou de Döblin (Berlin Alexanderplatz) ;
  • la pourriture : l'individu y est inéluctablement voué, qu'il s'agisse d'un pourrissement naturel (la mort naturelle ou du fait d'une maladie) ou provoqué (la guerre, le meurtre). Outre le passage consacré à la guerre, la seconde partie de l'ouvrage, presque entièrement dédiée à l'expérience médicale du narrateur dans des milieux misérables, fait ressortir les aspects de décomposition et de pourrissement de l'individu qui doit affronter les maladies, sa propre dégénérescence, des odeurs méphitiques, la putréfaction... ;
  • la lâcheté : l'individu est lâche par essence. S'il ne l'est pas, il ne peut échapper aux multiples menaces guerrières, ouvrières et sociétales. Céline développe donc une vision particulièrement nihiliste de la société humaine. La lâcheté permet à Bardamu de s'assumer comme déserteur dans l'épisode de la guerre, de fuir ses responsabilités aux colonies, de quitter son emploi chez Ford, de réclamer de l'argent à ses connaissances établies aux États-Unis, de fermer les yeux sur de multiples avortements (voire de les pratiquer), de feindre d'ignorer la tentative de meurtre de la grand-mère. Cependant il n'est pas lâche au point de mettre un terme à sa vie et à toute cette mascarade, ni de ne pas dire leurs quatre vérités, de manière très directe et avec beaucoup de délectation, à des personnes en plein désarroi.

 

 

Au château d'Argol

Au château d'Argol est un roman de Julien Gracq publié en 1938.

 

Genèse de l'œuvre

Ce roman est le premier de Gracq, écrit pendant l'année 1937. D'abord envoyé aux éditions Gallimard, il est refusé. Gracq (qui adopte ce pseudonyme pour la parution du roman) le propose alors à l'éditeur José Corti, qui l'accepte et le publie en janvier 1938.

Le roman, relativement court, se concentre sur les rapports de trois personnages : Albert, Herminien et Heide. Albert ayant acheté le mystérieux château d’Argol, en Bretagne, il y reçoit la visite de son meilleur ami Herminien, qui arrive accompagné de la belle Heide. Entre ces trois personnages se tissent des rapports d’amour et de haine qui conduisent, sur fond de références à Parsifal, au viol, puis au suicide de Heide et à l’assassinat d’Herminien par Albert.

 

La Littérature à l'estomac

La Littérature à l'estomac est un pamphlet de Julien Gracq, publié en janvier 1950 dans la revue littéraire Empédocle, puis en février de la même année aux éditions José Corti. Il a été repris dans le recueil Préférences en 1961.

Présentation

En quelques dizaines de pages, Gracq attaque férocement le milieu littéraire parisien, en visant tout particulièrement les prix littéraires.

L'entreprise est audacieuse pour un auteur qui n'a que peu publié et l'ironie du sort fait que, l'année suivante en 1951, le jury du prix Goncourt le désigne comme lauréat pour Le Rivage des Syrtes. Gracq refuse immédiatement le prix, créant la sensation dans la presse qui s'empare de l'événement.

Janvier fevier

Sur la technique (1953-1983)
Gilbert Simondon

Jean-Yves Chateau (Préfacier)

 Vingt textes de l'auteur de Du mode d'existence des objets techniques (Flammarion) et de L'Invention dans les techniques (Seuil), qui traitent ici plus particulièrement de la technique dans ses dimensions sociale, culturelle et historique, dans une perspective de démystification et de des conditions d'un vrai progrès. Chacun des textes aborde un aspect précis du rapport de l'homme à la technique et au monde : divers aspects psychosociologiques, dimension esthétique, sacrée, morale, économique ; rôle de l'enseignement, de la publicité, du cinéma ; question de la technicisation de la société (trop technicisée ou mal technicisée ?) ; question de l'optimisme technique, du progrès, de l'anticipation écologique ; rôle de la technique dans l'élaboration de valeurs, par rapport à l'esthétique et au sacré ; recherche des conditions d'une culture libératrice ; sens de la technique comme médiatrice entre l'homme et le monde et porteuse d'une voie d'ouverture entre les cultures...


Présentation, par Jean-Yves Chateau
Exergue : « Impression de la réalité souveraine » 1953

 

Le coeur aventureux by Instant Savings App\\\0022 ""> : 1938 / Ernst Junger

Auteur (s)

Junger, Ernst
Thomas, Henri (traducteur)

Edition

Gallimard, 1995

Collection

Du monde entier (Paris).

Sujet

Jünger, Ernst (1895-1998) -- Notes, esquisses, etc.

++++++++++

Le contemplateur solitaire / Ernst Jünger

Auteur (s)

Junger, Ernst
Plard, Henri (traducteur)

Edition

B. Grasset, 1992

Collection

Les Cahiers rouges (Paris. 1983) ; 157

Résumé

Regroupant des essais écrits entre 1928 et 1975, ce livre est une introduction idéale à l'oeuvre immense de Jünger.

+++++++++

Carnets de guerre, 1914-1918 / Ernst Junger

Auteur (s)

Junger, Ernst
Hervier, Julien (traducteur)

Edition

C. Bourgois, 2014

Résumé

Ces textes permettent de porter un regard neuf sur l'écrivain. Ces carnets, notes prises sur le vif par un jeune engagé volontaire de 19 ans, constituent la matière brute de Orages d'acier, un journal rédigé, après la défaite allemande, par un brillant débutant découvrant les ressources de la littérature.

   

Sujet

Jünger, Ernst (1895-1998) -- Journaux intimes
Guerre mondiale (1914-1918) -- Campagnes et batailles -- Récits personnels allemands

+++++++++

Les énergies de l'âme : séminaire sur le yoga de la Kundalinî donné en 1932 / par C. G. Jung

Auteur (s)

Jung, Carl Gustav
Hauer, Wilhelm
Shamdasani, Sonu (éditeur scientifique)
Bianu, Zéno (traducteur)
Woodroffe, John George (traducteur)

Edition

A. Michel, 1999

Collection

Spiritualités vivantes. Série Spiritualités comparées.

Résumé

Contient aussi : une conférence de Wilhelm Hauer sur le même thème ; les commentaires de Jung sur les conférences de Wilhelm Hauer et "Shat-chakra-nirûpana" trad by Instant Savings App\\\0022 "">. par John Woodroffe et comment. par Jung et Hauer. Bibliogr. p. 257-260. Index. L'ouvrage porte par erreur by Instant Savings App\\\0022 ""> : ISSN 0755-172X.

   

Sujet


Kundalini

++++++++

L'homme-joie / Christian BOBIN

Auteur (s)

Bobin, Christian

Edition

l'Iconoclaste, impr. 2012

Résumé

Quinze récits tracent le portrait d'être aimés, parlent de rencontres, de figures emblématiques, de visions. De courts paragraphes, parfois écrits à la main, ainsi qu'une lettre à la femme aimée et perdue, viennent s'intercaler entre les textes.

Christian Bobin renoue avec la fibre narrative de ses grands livres : Le Très-Bas, Prisonnier au berceau, et construit celui-ci en quinze récits : des portraits d’êtres aimés (son père), des rencontres (Maria l’enfant gitane, une mendiante) des figures emblématiques (Soulages, Glenn Gould, Matisse, Pascal), des visions (une branche de mimosa, une cathédrale) et une longue lettre à la femme aimée et perdue, « la plus que vive ».
Entre ces récits, viennent des paragraphes courts, parfois écrits à la main, condensés sur une pensée, fulgurants de profondeur et d’humanité. Un même fil rouge unifie tous ces textes, c’est la voix de Bobin, à nulle autre pareille et son regard de poète qui transfigure le quotidien.

++++

Auteur

GIGN: les secrets d'une unité d'élite / Jean-Luc Calyel

Edition

le Cherche Midi, 2008

Collection

Documents

Résumé

Description du quotidien de ces hommes d'élite qui constituent le GIGN. L'auteur, ancien homme du GIGN, revient en particulier sur la prise d'otages sur l'aéroport de Marseille-Marignane en décembre 1994 par un commando du GIA algérien. Il révèle les négociations entre le GIA et le GIGN et les pressions du ministre de l'Intérieur de l'époque, Charles Pasqua.

   

Sujet


France. Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale

+++++++++

Flic Story

L'histoire romancée de Roger Borniche, un inspecteur de police, qui traque un dangereux criminel, Émile Buisson dans la France d'après-guerre, à la fin des années quarante.

Les romans policiers, même les meilleurs, donnent souvent des flics et des truands une image un peu faussée, soit par excès de romantisme, soit par souci de spectaculaire. Eh bien, si vous voulez savoir à quoi ressemble une véritable enquête de police au quotidien, avec d'un côté un "vrai" flic et de l'autre un "vrai" truand, alors ce livre est pour vous! Borniche nous y raconte comment, jeune inspecteur, il traqua dans la France de l'après-guerre l'ennemi public numéro un, Emile Buisson, alias Mimile, un redoutable braqueur psychopathe. Ecrit à la première personne et au présent de l'indicatif, son récit est incroyablement vivant et son style nerveux pourrait franchement en remontrer à plus d'un "romancier de carrière"! Borniche vous agrippe dès la première phrase et ne relâche plus la pression jusqu'à la dernière. On suit son enquête pas à pas, au jour le jour, jusque dans ses détails les plus triviaux, les plus routiniers, on partage ses craintes, ses revers, ses doutes, ses joies, et on découvre au fil des pages un homme attachant, pas un superman, non, juste un fonctionnaire intègre, courageux, perspicace, professionnel jusqu'au bout du flingue et par-dessus tout passionné par son métier. Oh, bien sûr, la police a beaucoup changé depuis cette époque, ses méthodes ont évolué, celles des malfrats aussi. N'empêche que ce livre reste un témoignage d'une rare intensité qui vaut autant pour sa dimension "documentaire" que pour la qualité de sa prose.

++++++++++

Les grands espions de la seconde guerre mondiale

2 volumes , petit in 8° , reliure simili cuir rouge avec décors dorés , 251 et 252 pages Beaucoup de photos d'époque . Edition hors commerce réservée aux amis de Historama . Auters qui ont collaboré a cet ouvrage sous la direction de Albert Demazière : Louis Garros , Pierre Ganz , Jean Marcillac , Gabriel Meretik , De Sars Philippe , Schreiber Thomas

++++++++

Le Yogi et le commissaire Poche – 1969

de Arthur Koestler (Auteur), Dominique Aury (Traduction), & 1 plus

 

+++++++++

Le Règne de la quantité et les signes des temps / René Guénon

Le Règne de la Quantité (1945) est un des derniers ouvrages de l'auteur (mort en 1951) et, de ce fait, est fort de l'expérience d'une vie vouée à l'étude de la spiritualité et de la tradition. Disons tout de suite qu'il s'agit d'un chef-d'œuvre de la littérature ésotérique. Derrière son titre intrigant (au premier abord en tout cas), l'ouvrage constate la déchéance dans laquelle se trouve le monde moderne (i.e. occidental), dépositaire et dispensateur de la pensée matérialiste, qui résume toute chose à la quantité, c'est-à-dire à la substance, aspect le plus grossier de l'existence manifestée. Le pendant nécessaire de cette tendance est la perte de conscience progressive et accélérée de la qualité des choses, c'est-à-dire de leur essence, de leur part spirituelle - et donc de la qualité de l'individu lui-même. Cet état d'avilissement, qui entraîne toute sorte de dévoiements sociaux que l'auteur analyse, correspond selon lui à la fin d'un cycle cosmique (désigné par la tradition hindoue en le Kali-Yuga), et est censé conduire à la dissolution de ce monde de façon inévitable. Les forces en jeu sont proprement inéluctables et qualifiées, sans détour, de sataniques, leur propos étant, de fait, l'incarnation de l'Antéchrist en personne, appelé à régner sur une humanité réduite à l'esclavage dans l'obscurité la plus complète, avant un redressement brusque vers le haut, qui marquera la fin d'un temps.
Si certains points peuvent paraître excessifs, et si le côté intellectuel du style ne saurait en aucun cas en faire un écrit révélé ou mystique, le point de vue adopté en ces pages n'en demeure pas moins porteur d'une justesse inquiétante. À moins d'être totalement étranger à la chose ésotérique, on ne peut manquer d'être touché par la pertinence de fond de l'ouvrage. Sans conteste, une œuvre majeure.

++

Ce livre est un document prophétique des plus surprenants, puisque, écrit en 1945, il annonce donc avec plus de soixante ans d'avance les dérives qui mènent notre monde actuel à sa perte (sur ce dernier point, il n'y va d'ailleurs pas de main morte, puisqu'il annonce cette perte sous le terme de "dissolution"). Les causes qu'il met en avant sont non seulement le manque d'une spiritualité authentique, mais aussi d'autres facteurs plus inattendus, mais remarquablement pertinents et étonnamment modernes, comme (je cite de mémoire) "la signification de la métallurgie" et "la dématérialisation de la monnaie".
Il est donc absolument parfait pour ce qui est de la dénonciation de ce qui ne va pas. Juste un petit bémol, d'où mes quatre étoiles au lieu de cinq: il ne dit nulle part où l'on peut trouver ce qui va. Il fait sans cesse allusion à "la Tradition", mais sans dire comment la rencontrer. Et il affirme que dès que le monde présent sera "dissous", un âge d'or succédera automatiquement à cet âge de fer qui s'en sera allé. C'est peut être vrai, mais un peu frustrant pour ceux qui aimeraient bien savoir comment participer...

+++++++++

 

   
   

 

Comment devenir un bouddha en cinq semaines

Pour une compréhension du bouddhisme et une mise en application d un cheminement sans ambiguïtés ; un ouvrage indispensable pour tout psychologue ou personne s intéressant a la spiritualité cherchant une base solide. Ne s apparente en rien avec le mystico-bidon et ne vous fiez pas au titre...

Un chemin à poursuivre quand on a eu contact avec les ouvrages de l'auteur. Une lecture claire, une remise en question et un éveil personnel possible. Sans oublier son humour non négligeable que j'affectionne particulièrement

 

++++++++

 

Le kgb sur le monde les camps les proces aujourd hui l' oeil de moscou

1978

de Slavinsky Michel

 

Histoire de la politique et des forces de police en urss

SMERG

Espionnage extérieur

Selon le mythe des tchékistes, le 20 décembre 1920 a été créé le Département étranger (INO) de la Vé-Tché-Ka près le soviet des commissaires du peuple (SNK) – gouvernement de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR).

Les opérations à caractère d'espionnage ont déjà été pratiquées par la Tchéka dès 1918, mais la création officielle de l’INO a donné à l’espionnage politique une existence administrative.

En vérité l’INO a été créé non pas le 20 décembre 1920, mais dès le printemps 192025, d’abord au sein du Département spécial de la Vé-Tché-Ka. En été 1920 il fonctionnait déjà, mais son travail était jugé insuffisant par le Politburo (décision du septembre 1920). Une réorganisation a commencé dès septembre. Une commission a été créée pour cela. Le 12 décembre 1920 Dzerjinski signe le premier ordre de réorganisation. C’est la date de son deuxième ordre n°169 du 20 décembre 1920 que les mythologues tchékistes ont retenu comme le jour de naissance de l’espionnage politique soviétique.

Union soviétique : Tchéka > GPU > NKVD > MVD · NKGB > MGB · KGB Russie post-soviétique : FSB. Le GRU (Direction générale du renseignement) n'est pas à proprement parler une police politique, mais un service de renseignements militaire.

Posté par albermas à 22:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire