03 novembre 2009
hédo Lévi-Strauss
Le terme Mana
désigne un concept Polynésien que l'on retrouve sous différentes
appellations dans d'autres peuples.
La notion de Mana,
fondation de la magie et de la religion, est l'émanation de la puissance
spirituelle du groupe et contribue à le rassembler. Le « Mana » est,
selon Mauss, créateur de lien social.
La notion de mana a
fait l’objet de nombreuses discussions, tant sur la traduction que sur sa
signification, mais aussi plus largement, elle a fait l’objet de discussions
sur la validité ou la pertinence des « notions de type mana ». Ainsi,
en 1881, Codrington définit le mana comme un « vecteur diffus de pouvoir
spirituel ou d’efficacité symbolique supposé habiter certains objets et
personnes ». Dix ans plus tard il précise en affirmant que le mana est un
« pouvoir d’influence » s’attachant aux personnes et aux choses,
véhiculé par les revenants et les esprits.
Keesing dit que ces
définitions sont des créations des Européens, mais pas la conception indigène.
En effet, depuis Codrington, lorsque mana a été privilégié comme substantif, il
a toujours été traduit comme tel, alors qu’en réalité il avait trois formes
possibles : verbe actif, verbe passif, substantif. Cet aspect apparaît
encore chez Marcel Mauss, pour lequel le mana devient fondamentalement un
substantif. « On dit d’un objet qu’il est mana, pour dire qu’il a cette
qualité ; et dans ce cas le mot est une sorte d’adjectif ». Au début
du siècle, le terme mana a commencé à illustrer l’idée d’une qualité abstraite
ou d’un support de pouvoir surnaturel sur lequel repose l’action humaine ou
dont celle-ci dépend.
Dépassant largement
le contexte océanien, mana est devenu une notion du métalangage
anthropologique. Aujourd’hui l’explication la plus aboutie est celle de
Keesing : il en donne trois usages :
-verbe
d’état signifiant « être efficace, puissant, réalisé », utilisé de
façon stéréotypée pour décrire l’efficacité et la chance.
-verbe
employé dans les prières et les invocations : « bénis, soutiens,
rends efficace… »
-comme
substantif : « efficacité, réalisation, puissance… »
Cela pose de
nombreuses questions, en particulier celles de la traduction, et de la
signification. Car tout ce que l’on attribue au mana reste flottant ou vague.
Lévi-Strauss compare le mana aux mots français « truc » ou
« machin ». Il dit en effet que « derrière machin, il y a
machine et plus lointainement l’idée de force ou de pouvoir ». Quant à
truc, cela dérive des coups heureux dans les jeux. Pour lui, les conceptions de
type mana (wakan, orenda) relèvent d’une forme de pensée universelle et il met
en avant une explication linguistique. La fonction des notions de type mana,
écrit-il, « est de s’opposer à l’absence de signification sans comporter
par soi-même aucune signification particulière », elle est de combler un
écart entre le signifiant et le signifié. C’est leur vide sémantique qui rend
ces notions centrales. Celles-ci représentent précisément « ce signifiant
flottant qui est la servitude de toute pensée finie, bien que la connaissance
scientifique soit capable, sinon de l’étancher, au moins de le discipliner
partiellement (…). Nous voyons dans le mana, le wakan, l’orenda et autres
notions du même type l’expression consciente d’une fonction sémantique, dont le
rôle est de permettre à la pensée symbolique de s’exercer malgré la
contradiction qui lui est propre ».
Avec l’exemple du
mana se posent les problèmes de l’usage et de la signification. Toutefois, si
l’on ne parvient à donner une définition du mana, on lui trouve une fonction
avec Lévi-Strauss. Quant à la signification de ce type de notions, il faut
probablement y renoncer, puisqu’elles sont en elles-mêmes vides de sens et donc
susceptibles de recevoir n’importe quel sens.
Pourtant, on avait
donné un sens au mana, une substance diffuse et invisible de pouvoir, une création
européenne. Keesing pose le problème de la traduction : une mauvaise
traduction peut en effet entraîner non seulement la création d’entités
inexistantes, mais aussi d’importants problèmes analytiques. À cause de
mé-traductions, les ethnologues se sont souvent inventé de pseudo problèmes. Il
ne s’agit pas seulement de chercher des significations à ces notions, il faut
aussi observer l’usage qui en est fait, le contexte d’énonciation, etc.
26 octobre 2009
hedo chewing GÖM
graff Gom 09
Le « livre des morts » est un recueil de formules magiques et d'incantations présent dans l'Égypte antique.
Sortir au jour est le véritable nom du livre
des morts des Anciens Égyptiens. Le « jour » en question n'est pas
celui des vivants, mais tout principe lumineux s'opposant aux ténèbres, à
l'oubli, à l'anéantissement et à la mort. Dans cette perspective, le voyage
dans la barque du dieu soleil Rê vers le royaume d'Osiris (version nocturne du
soleil diurne en cours de régénération) pouvait être considéré comme une fin en
soi.
Il
s'agit de rouleaux de papyrus, recouverts de formules funéraires, placés à
proximité de la momie ou contre celle-ci, dans les bandelettes. Ces différents
« livres » ne sont pas tous identiques, car le bénéficiaire
choisissait les formules qui lui convenaient, probablement en fonction de ce
qu'il pouvait s'offrir car ces manuscrits représentaient un investissement non
négligeable. Certains peuvent donc être courts, alors que d'autres reproduisent
l'ensemble, ou presque, du corpus.
C'est
l'égyptologue allemand Karl Richard Lepsius qui, en 1842, appela Todtenbuch (Livre des Morts) (nom qui
est ensuite resté), un papyrus conservé au musée égyptologique de Turin dont il
a effectué une première traduction.
22 octobre 2009
hedo panneaux
Le panoptisme et le redressement
Le succès de ce système aidant, la seconde
conséquence de sa mise en place est son adoption par d'autres institutions que
la seule prison, à commencer par l'atelier, où quelques contremaîtres suffisent
désormais à contrôler des centaines de travailleurs : ils déambulent à
présent dans des allées rectilignes d'où ils dominent les employés assis à une
table individuelle et tous visibles de loin. On retrouve également des méthodes
carcérales dans les écoles, les pensionnats ou les casernes, où les lits sont
peu à peu alignés, les emplois du temps plus stricts, l'exercice et la
répétition valorisés.
Le redressement des corps humains auquel
ces institutions procèdent chacune à sa façon conduit selon Michel Foucault au
redressement des morales, chacun devenant son propre censeur une fois qu'il y a
été corrigé par un concours d'organismes, tout au long de sa vie.
Par un fort maillage social, avec au
centre la prison, ce n'est plus le souverain qui est isolé, mais bien l'individu.
20 octobre 2009
hedo masse tic
mastard
le mass art
le masse star
Homme fort,
physiquement imposant, costaud, viril ; gros, imposant, grand, imposant, massif
1 Un beau soir elle a enfin rencontré un sportif, un
mastard, un costaud bien baraqué - 2001
2 Des après-midi entiers il passe, sévère, à lui peindre
des têtes sur poteaux, qu'y a plus que ça qui lui fait effet, des mahousses,
des plus en plus mastards, des géants ! - 2002
3 Le mastard du pinceau, la tête de chêne qui ne regarde
pas ses chaussures sans glands - 2003
4 Un presse-papiers, une tête de plomb, d'aspect mastard
- 2004
5 Un de ces quatre, il va lui tomber une tête mastarde
sur le ciboulot du mastoc - 2005
6 Lui, il se contentait maintenant de conserver une
collection d'anciennes bouilles sur calcifs de lin qui étalaient leurs fados de
couleurs au-dessus de la grisaille du business. .
-2006
7 Le modèle tête à
tête dit de l'appât et de l'hameçon
fit son apparition au début du XXIe siècle.
-2007
8 En définitive le
succès mastard dépend d’abord de l'adéquation entre le modèle de tête et les
priorités de l’artiste.-2008
9 Le spectromètre
de masse TOFFER-STAR Elite est doté d’un analyseur à temps de vol (TOF)
fonctionnant en mode réflectron du temps qui passe.
hédo contrôle
La société
de contrôle est calquée sur le modèle de l’entreprise post-fordiste. C’est une
société où se multiplient les mécanismes socio-techniques du contrôle flexible.
Les vertus cardinales de ce mode de gestion :
-
autonomie, créativité,
-réactivité, adaptabilité
- se
conjuguent avec les exigences de la « grille des objectifs » et de la « culture
du résultat ». Le contrôle y est à court terme, à rotation rapide, mais
continue et illimitée. Cette nouvelle feuille de route a l’arrière-goût de
l’implication contrainte, de la servitude volontaire et de la précarité. Elle
est en résonance avec le régime des nouvelles technologies informationnelles.
C’est ce que postule Gilles Deleuze lorsque, à la suite de William S.
Burroughs, il met en place le concept dans Pourparlers :
« A chaque
type de société, évidemment, on peut faire correspondre un type de machine :
les machines simples ou dynamiques pour les sociétés de souveraineté, les
machines énergétiques, pour les disciplines, les cybernétiques ou les
ordinateurs pour les sociétés de contrôle. Mais les machines n’expliquent rien,
il faut analyser les agencements collectifs dont les machines ne sont qu’une
partie ».
15 octobre 2009
la vie prêtée
Seule ma pensée m'appartient, alors que les biens matériels, au
nombre desquels il faut compter le corps, ne me sont que prêtés. Mais ma pensée
elle-même ne peut être mienne que si je l'exerce afin de la libérer de ce qui,
en elle, est impensé.
24 septembre 2009
Hédo zoomorphisme
Le style d'Art Spiegelman
Dans son
œuvre, Art Spiegelman représente les différents groupes nationaux par
différentes espèces d'animaux : les Juifs sont représentés par des souris (« Maus » signifie
« souris » en allemand),
les Allemands par des chats, les Français
par des grenouilles, les
Américains par des chiens, les Suédois
par des élans, les Polonais
par des porcs, les
Britanniques par des poissons,
les Roms par des bombyx
disparates (lépidoptères dont
le nom anglais est gypsy moths)
et l'enfant né d'une liaison entre des personnes juives et allemandes par une
souris au pelage marqué de rayures félines. L'utilisation du zoomorphisme, un
style familier aux dessins animés et aux bandes dessinées, est une référence
aux images de propagande .Le chapitre 5 du tome 1, intitulé Trou de souris reprend un ancien
travail de Spiegelman : Prisonnier
sur la planète Enfer [6]
publié dans le premier numéro de Short
Order Comix, une revue confidentielle de bande dessinée, en 1973. Ces
quelques pages sont en rupture de style totale avec l'œuvre. Art Spiegelman
raconte les sentiments qui l'ont traversé lors du suicide de sa mère. Il se réprésente
habillé en déporté. Le trait est hyperstylisé et sue l'angoisse et la noirceur.
Éditions
Maus - Un survivant
raconte:
Maus, tome 1 - Mon père saigne l'histoire - ISBN
2080660292
Maus, tome 2 - Et c'est là que mes ennuis ont commencé - ISBN
2080666185
Maus, l'intégrale -
ISBN
2080675346
23 septembre 2009
hédo max
L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme
L'Éthique
protestante et l'esprit du capitalisme, de Max Weber, est une
des œuvres fondatrices de la sociologie
moderne. Elle a paru pour la première fois en deux parties, en 1904 et en 1905,
dans la revue que codirigeait Max Weber avec Werner Sombart et Edgar Jaffé, les Archiv für Sozialwissenschaft und Sozialpolitik.
Initialement,
Weber avait prévu d’écrire un deuxième volume, idée qu’il abandonna, entre
autres suite aux travaux publiés par Ernst Troeltsch en
1912 (Les doctrines sociales de l'Église et des groupes chrétiens) et
son propre travail sur les sectes[1].
Max Weber en donnera une seconde édition révisée, marquée par un nombre
important d'ajouts en 1920, en la publiant en tête de son Gesammelte
Aufsätze zur Religionssoziologie. L’œuvre ne fut traduite en français qu’en
1964.
L’œuvre
Dans cet
ouvrage, Weber explique le développement du capitalisme à partir du milieu du XVIIIe siècle, par le développement de
l'ethos
protestant, et plus particulièrement puritain.
D’après Weber, la Réforme est à l’origine de l’éthique du travail
du capitalisme.
Weber a
une démarche empirique
partant d’un constat statistique :
Les protestants travaillent mieux et gagnent plus que les catholiques
dans les régions avec une population mixte ;
Certaines familles, villes et régions étaient déjà riches avant la
réforme protestante. Elles se tournèrent plus tôt vers les Églises réformées.
L’essai
est divisé en deux parties.
I. - Le
problème
Confession et stratification sociale.
L' « esprit » du capitalisme.
La notion de Beruf, à la fois métier et vocation, chez Luther.
Objectifs de la recherche.
II -
L'éthique de la besogne dans le protestantisme ascétique
(Die Berufsidee des askestischen Protestantismus)
Les fondements religieux de l'ascétisme séculier. (Die religiösen Grundlagen der innerweltlichen
Askese)
Ascétisme et esprit capitaliste. (Askese und Kapitalismus)
L’avant-propos
ne se trouve que dans la deuxième édition de 1920. Les chapitres Le calvinisme,
Le piétisme,
Le méthodisme
et Les sectes baptistes qu’on trouve dans l’édition française
préparé par Jean-Marie Tremblay ne font pas partie de l’édition de 1904/1905,
mais constituent un article indépendant Die protestantischen Sekten und der
Geist des Kapitalismus publié par Weber en 1920.
La
problématique (1re partie)
À partir
du constat de l’inégalité sociale entre protestants et catholiques en
Allemagne, Weber émet des hypothèses qui expliqueraient ces différences.
La
première hypothèse : les catholiques seraient plus détachés du monde (weltfremd)
que les protestants. Il constate cependant que cela est faux : « il
est certainement remarquable de constater que nombre de représentants des plus
intériorisées de la piété chrétienne (...) sont issus de milieux commerçants[2] ».
Ce sont précisément ceux qui, de par leur religion sont le plus détachés du
monde qui mettent le plus d’ardeur à poursuivre le but de l’enrichissement
terrestre comme c’est le cas des quakers et les mennonites.
Ensuite, Weber démontre pourquoi la foi est la source de leurs actes et non pas
un détail aléatoire.
Page 51,
Weber souligne que cette éthique est « entièrement dépouillée de tout
caractère hédoniste,
son but étant de gagner de l'argent, toujours plus d'argent en se gardant des
jouissances strictement de la vie ».
"Le
gain est devenu la fin que l'homme se propose, il ne lui est plus subordonné
comme moyen de satisfaire ses besoins matériels".
Weber cite
un long texte de Benjamin Franklin, entrepreneur américain protestant et
explique que "l'esprit du capitalisme existait dans le pays qui l'a vu
naître, le Massachusetts,
avant que ne se développe l'ordre capitaliste". De plus "il est
certain que le capitalisme s'était moins bien implanté dans les colonies
voisines (devenues les états du sud de l'Union) qui avaient (pourtant) été
fondées par de grands capitalistes (catholiques] dans le dessein de faire des affaires",
poursuit Weber.
Au XIXe siècle,
l’esprit des industriels change. Ainsi le choix des tisserands ne se fait plus de façon aléatoire mais suivant des
critères rigoureux. Un contact direct et régulier avec les acheteurs est créé
et la production est adaptée à leurs demandes. Une nouvelle rigueur est exigée
dans le monde du travail. D’après Max Weber, les acteurs de ces changements
subissent de grandes pressions de la majorité tenant à l’ancien modèle. Il ne
peuvent résister à cette hostilité ambiante[3]
et exiger les rigueurs uniquement grâce à un fondement éthique[4].
"Cette
révolution ne dépend pas d'un afflux d'argent frais - je connais des cas où il
a suffi de quelques milliers de marks empruntés à des parents - mais d'un
esprit nouveau, l'esprit du capitalisme", souligne Weber, en observant
qu'à chacun des trois siècles (XVIe, XVIIe et XVIIIe
siècles), « les industries naissantes furent pour la
plupart l'œuvre de parvenus", alors qu'il "eut partout et de tout
temps », c'est-a-dire avant l'avènement de l'esprit du capitalisme,
« de grands banquiers et de grands marchands ».
Il
explique comment se comporte le capitaliste moderne pour qui le gain de
richesses est devenu une fin en soi, ce qui est un mode de vie tout à fait
irrationnel (« [...] leur affaire, avec son activité sans trêve, est tout
simplement devenue indispensable à leur existence [...] considérée du point de
vue du bonheur personnel : elle exprime combien irrationnelle est cette
conduite où l’homme existe en fonction de son entreprise et non
l’inverse. »). Sa vie comporte souvent des traits d’ascèse[5].
L’origine
de l’esprit capitaliste ne se trouve pas dans des idées de réforme de la
culture et de la société mais exclusivement dans un souci de salut des âmes.
« Leurs buts éthiques, les manifestations pratiques de leurs doctrines
étaient tous ancrés là ; et n’étaient que les conséquences de
motifs purement religieux[6] ».
L'éthique de la besogne dans le protestantisme (2e
partie)
Dans la deuxième partie de l’œuvre, Weber démontre la validité de
son hypothèse que « l’esprit » du capitalisme est issu de motifs
religieux. À partir des œuvres d’auteurs puritains du XVIIe siècle tels que Richard
Baxter, Weber montre que c’est moins la possession de richesses qui était
condamnable à leurs yeux que le fait de se reposer dessus et d’en jouir[7]. Les
puritains se référent aux évangiles, pour affirmer que l’homme doit pour assurer son
salut : « faire la besogne de Celui qui l’a envoyé, aussi longtemps
que dure le jour » (Jean IX,4). L'oisiveté est le plus grand des péchés. Dans cette logique, le travail est,
selon la volonté de Dieu, une fin en soi de la vie humaine. Une heure de
travail perdue serait une heure de perdue dans les louanges de Dieu, en outre
du travail rationalisé vaut plus qu’un travail de main-d’œuvre[8]. Le
travail est le signe d’être dans la grâce de Dieu. « Le travail cependant
est autre chose encore ; il constitue surtout le but même de la vie, tel
que Dieu l’a fixé. Le verset de saint
Paul : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas
non plus" vaut pour chacun ; et sans restriction. La répugnance au
travail et le symptôme d’une absence de la grâce[9] ».
Critiques
- la principale critique
apportée sur l'œuvre de Weber vient du Français Fernand Braudel.
Selon lui, l'esprit du capitalisme n'est pas du tout une création de l'ethos
protestant. Cet esprit était déjà présent à la Renaissance, voire au Moyen Âge,
dans le bassin méditerranéen de l'Europe (dans les grandes villes
italiennes catholiques de l'époque plus précisément). Si le capitalisme
s'est formidablement développé au cœur de l'Europe du Nord au XVIIIe siècle, c'est parce que cet
esprit s'est déplacé de l'Italie vers ces pays à la faveur des marchands,
s'ouvrant ainsi à un nouveau marché, et permettant alors au capitalisme de
prendre son réel essor.[réf. nécessaire]
Cependant, l'étude du capitalisme flamand par Braudel, en particulier
celui de la compagnie néerlandaise
des Indes orientales, complète très bien l'analyse de Weber,
même si Braudel ne partage pas ses conclusions globales.
Par
ailleurs, l'oeuvre de Weber montre qu'il s'intéresse lui aussi aux formes
d'esprit du capitalisme apparues dans les Flandres au XVIe
et XVIIe siècles chez les
protestants.
- Dans beaucoup d'ouvrages,
on explique le développement du capitalisme pour des raisons naturalistes.
L'exposé le plus connu est celui de Michio Morishima. Dans ses œuvres, Morishima explique le
développement du capitalisme au Japon sous l'ère Meiji grâce aux valeurs
confucéennes[10].
- Dans The Catholic Ethic
and the Spirit of Capitalism, l'économiste catholique Michael Novak
fait valoir que la doctrine sociale de l'Église n'est pas
directement opposée au capitalisme en tant que tel, mais seulement aux
abus de pouvoir et d'intérêt liés à la richesse. Il rappelle le rôle
important joué par l'école de Salamanque et par des économistes comme Frédéric Bastiat, Heinrich Pesch, Pierre-Guillaume-Frédéric Le Play, Victor Brants, Charles Périn et Albert de Mun.
De plus,
une partie de l'Église catholique a aussi suscité le développement des coopératives, du syndicalisme chrétien et du distributivisme.
Les encycliques Rerum Novarum
(1891) et Quadragesimo Anno (1931) ont eu une influence majeure sur
l'économie politique.
Bibliographie
Serge Moscovici :
« Le génie du capitalisme ». In : La Machine
Max Weber, L'Éthique
protestante et l'esprit du capitalisme, Gallimard, 2004 (ISBN 2-07-077109-1)
20 septembre 2009
hédo sur le mont Nébo cultive le jardin de Gethsémani.
Loin d’être un fervent croyant illuminé, je
regretterais cependant que l 'auteur semble omettre que nombre de chrétiens ont
eu des rapports sexuels avant le mariage, que nombre de musulmans prennent bien
un petit verre de temps en temps, j en passe et des meilleures. Son
argumentation semble toute entière reposer sur une vision fondamentaliste des
religions, ignorant totalement le message de paix, d'amour et de fraternité que
la plupart d'entre elles véhiculent.
Biographie
de l'auteur
« Dieu n'est pas grand : Comment la religion empoisonne tout »
Christopher
Hitchens est une célébrité incontournable de la presse anglo-saxonne : Anglais
en exil à Washington, diplômé d'Oxford en philosophie, sciences politiques et
sciences économiques, il est écrivain et chroniqueur à Vanity Fair, Harper's
Magazine, Vogue, The London Review of Books, ainsi que dans le supplément
littéraire du Times. A son propre amusement, il a été placé au cinquième rang
des 100 plus grands intellectuels d'aujourd'hui par le magazine américain
Foreign Policy et le mensuel britannique Prospect..
Présentation
de l'éditeur
A l'heure où la laïcité positive fait débat, où les
thèses créationnistes tentent de s'imposer, où la question religieuse n'a
jamais été aussi brûlante, Christopher Hitchens, chef de file des nouveaux
athées, polémiste génial, " un des meilleurs journalistes de notre époque
", selon le London Observer, lance un pavé dans la mare : la religion
empoisonne tout. La religion se mêle de sexe, contrôle ce que nous mangeons et exacerbe
notre propension à la culpabilité en multipliant les interdits les plus
arbitraires. La religion diabolise la science, se fait complice de l'ignorance
et de l'obscurantisme. Source de haine, de tyrannie et de guerres, la religion
met notre monde en danger. Avec un mélange jubilatoire d'érudition et d'humour,
s'appuyant sur une argumentation rigoureuse et une parfaite connaissance des
textes sacrés et des classiques, Christopher Hitchens nous livre un pamphlet
intelligent et incisif, un brûlant plaidoyer pour un nouvel humanisme des
Lumières. Que l'on soit fidèle croyant, fervent athée ou indécis, cet ouvrage
soulève le débat et fait souffler un vent de liberté de pensée et de paroles.
17 septembre 2009
Le capitalisme est-il moral ?
Le capitalisme
est-il moral ?
de André Comte-Sponville
Présentation
Après une série d’interventions au cours
d’une rencontre avec des patrons insistant sur la nécessaire "éthique
d’entreprise" et les formes qu’elle devait prendre, André Comte-Sponville
se permit de faire remarquer qu’il avait lu tous les philosophes importants
mais qu’il n’avait jamais lu une ligne sur le respect du client chez Montaigne
ou Kant ! Cette ironie traduit bien l’esprit du livre du philosophe : critiquer
l’invasion de la morale –ou plus exactement du discours sur la morale ce qui
est un peu différent- dans toute la société.
Alternant exemples, anecdotes, citations et analyses, André Comte-Sponville
excelle à démontrer que le capitalisme est, par nature, amoral.L’entreprise,
dit-il, n’a pas vocation à distribuer de l’affection de l’amour ou tout autre
sentiment : elle n’a que "des objectifs et un bilan", point final. Ce
pragmatisme surprend et intéresse dans un pays où le marxisme a longtemps été
le credo de l’intelligentsia. Dénonçant le "politiquement correct"
qui sévit trop souvent –il qualifie ainsi le slogan "vaincre le Sida c’est
une question de volonté politique" "d’idiot"- l’auteur nous
livre une vision iconoclaste du monde dans ce petit livre spirituel au ton vif,
écrit avec un remarquable souci de vulgarisation qui met "l’infini à la
portée des caniches" selon la finalité qu’assignait à sa discipline, la
philosophie, l’un de ses illustres prédécesseurs.














